Pourquoi avez-vous moins envie de faire l’amour ? 7 causes souvent ignorées
Le désir sexuel peut changer sans prévenir. Stress, fatigue, santé mentale, hormones, médicaments ou maladies peuvent expliquer cette baisse d’envie. Les scientifiques commencent à mieux comprendre les mécanismes derrière ce phénomène.
Il arrive que le désir s’éloigne sans bruit. Une période de fatigue s’installe, les préoccupations s’accumulent et l’intimité devient moins présente. Puis une question apparaît : pourquoi ai-je moins envie qu’avant ? La réponse n’est pas forcément dans le couple. Le désir sexuel dépend d’un ensemble de facteurs biologiques, psychologiques et relationnels. En France, une enquête menée auprès de 9 118 personnes sexuellement actives montre que 18,9 % des hommes et 36,4 % des femmes déclarent au moins un trouble sexuel persistant. Ces chiffres regroupent plusieurs difficultés sexuelles et ne correspondent donc pas uniquement à une baisse du désir.
Le stress et la fatigue peuvent éloigner le désir
Le désir a besoin d’espace mental. Lorsque l’esprit est absorbé par les problèmes financiers, le travail, les études ou les tensions familiales, la sexualité peut passer au second plan. Le stress agit également sur le sommeil et l’humeur, deux éléments qui participent à la vie sexuelle. Le phénomène ne peut toutefois pas être réduit au seul cortisol. Les mécanismes sont plus complexes et varient selon les personnes.
Le sommeil joue aussi un rôle. Dans une petite étude publiée dans JAMA, dix hommes jeunes et en bonne santé ont dormi cinq heures par nuit pendant une semaine. Leur taux de testostérone diurne a diminué d’environ 10 à 15 %. Une autre étude menée auprès de femmes a observé qu’une heure supplémentaire de sommeil était associée à une hausse de 14 % des chances d’avoir une activité sexuelle avec un partenaire le lendemain. Ces résultats ne signifient pas qu’une mauvaise nuit provoque automatiquement une baisse du désir. Ils montrent plutôt que le sommeil fait partie des facteurs pouvant influencer la sexualité.

Quand le corps et l’esprit changent
La santé mentale peut également modifier profondément la vie intime. Une méta-analyse publiée en 2022 a retrouvé une diminution du désir chez environ 65,3 % des femmes et 40,3 % des hommes souffrant de dépression majeure dans les études analysées. La dépression n’est toutefois pas la seule explication. Anxiété, perte d’estime de soi et difficultés relationnelles peuvent aussi intervenir.
Certaines causes sont plus silencieuses. La thyroïde, par exemple, influence plusieurs fonctions de l’organisme. Une méta-analyse publiée en 2024 a estimé à 44,8 % la prévalence globale des dysfonctions sexuelles chez les femmes présentant un trouble thyroïdien. Le taux était de 41,8 % en cas d’hypothyroïdie et de 59,6 % en cas d’hyperthyroïdie. Une autre méta-analyse a également retrouvé une fréquence élevée de dysfonctions sexuelles chez les hommes présentant des troubles thyroïdiens.
L’image du corps peut aussi peser sur le désir. Une revue portant sur 57 études a montré que les préoccupations liées à l’apparence pouvaient influencer plusieurs dimensions de la sexualité féminine. Ce n’est donc pas toujours le corps qui change. Parfois, c’est le regard que l’on porte sur lui.

Les médicaments et certaines maladies peuvent aussi jouer
Le changement peut parfois apparaître après le début d’un traitement. Les antidépresseurs sont particulièrement étudiés pour leurs effets sexuels. Une étude menée auprès de 2 163 patients traités par antidépresseurs a rapporté une dysfonction sexuelle chez environ 79 % des participants évaluables. Ce résultat concerne une population suivie en consultation et ne peut pas être appliqué à toutes les personnes prenant ces médicaments.
D’autres traitements peuvent également intervenir. Certains médicaments cardiovasculaires, psychotropes, opioïdes ou hormonaux peuvent affecter différentes dimensions de la sexualité. Il ne faut jamais arrêter un traitement seul. Une modification doit être discutée avec un professionnel de santé.
Certaines maladies chroniques sont également associées aux difficultés sexuelles. Une méta-analyse publiée en 2023, regroupant 67 040 personnes diabétiques, estimait à 61,4 % la prévalence globale des dysfonctions sexuelles. Là encore, ce chiffre concerne l’ensemble des dysfonctions sexuelles et non simplement la baisse du désir.

Quand faut-il vraiment consulter ?
Une variation du désir n’est pas forcément un problème médical. Le désir peut évoluer avec l’âge, la fatigue, les périodes de stress ou les circonstances de la vie. Il mérite davantage d’attention lorsqu’un changement devient persistant, apparaît brutalement ou provoque une souffrance.
Une consultation peut être utile lorsque la baisse du désir s’accompagne d’une fatigue inhabituelle, de troubles du sommeil, d’une modification importante du poids, d’une humeur dépressive, de douleurs ou d’autres difficultés sexuelles.
Le professionnel de santé pourra rechercher différentes causes selon la situation : traitement médicamenteux, santé mentale, hormones, thyroïde, diabète ou autre problème médical.Le désir sexuel ressemble finalement moins à un interrupteur qu’à un équilibre. Il peut être influencé par le corps, l’esprit, le sommeil, les relations et les événements de la vie.
Alors, si l’envie a changé, la question n’est peut-être pas seulement « qu’est-ce qui ne va plus ? », mais aussi « qu’est-ce qui a changé dans ma vie ? ».Cette réponse peut parfois être le début d’une meilleure compréhension de soi.
Le Distingo Info
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