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Crise en Haïti : L’espoir haïtien agonise

«… j’attends ma mort », pousse Jonas désespérément, voyant l’espoir du lendemain meilleur haïtien en train d’être asphyxié depuis bien des temps à cause de l’insécurité grandissante de toutes parts.

– Depuis ces derniers mois, la crise multidimensionnelle que connait Haïti atteint son paroxysme. Des cadavres jonchent les rues, des balles perdues tuent à longueur de journée, des incendies se déclarent partout, autant d’actes perpétrés par la violence des gangs qui ont fortement impacté la vie en Haïti.

Ce panorama que présente la situation met en lumière une crise persistante marquée par des troubles politiques, économiques et sociaux, laissant peu de place à l’optimisme face à l’ampleur des défis à relever. L’espoir de trouver une issue n’apparaît pas encore à l’horizon.

Un lendemain qui se dessine à crayons pâles

L’insécurité galopante règne en maître dans le pays. Chaque Haïtien vivant en Haïti craint ce que les prochaines minutes peuvent lui réserver, avec une espérance de vie réinitialisée à chaque seconde.

Jeunes et vieux, désespérés, malmenés, gâchés, agonisent dans cette situation délétère. Nombreux sont ceux qui cherchent éperdument à quitter le pays à tout prix, fuyant la crise et l’insatisfaction des besoins fondamentaux.

Certains fondent leur espoir sur leur confirmation au programme humanitaire du gouvernement américain. Car pour eux, rester en Haïti est dangereux. « J’attends seulement mon e-mail de confirmation au programme de Biden », espère Woodson, un jeune agent de marketing de 24 ans. « Je n’ai plus d’autres choix, j’ai un avenir avec de grands rêves, je ne veux pas mourir », ajoute-t-il en expliquant avoir abandonné ses études en génie informatique dans une université de la capitale à cause de la montée vertigineuse des cas de kidnapping dans ses environs.

D’autres ont moins d’espoir, les chances de survie sont minimes. Les choix sont limités. « Pas de travail, , soit on quitte le pays soit on reste pour sa balle à la tête », s’inquiète Jonas un mendiant dans un autobus reliant Portail-Léogane à Pétion-ville, avec un visage empreint d’un désespoir qui ne laisse aucun doute sur l’amertume ressentie.

Beaucoup souffrent silencieusement et amèrement de la machine infernale de l’insécurité et de la misère croupissante. L’avenir est boycotté, le lendemain est incertain, la vie est bafouée et les vraies causes marginalisées, et la classe politique, aveuglée par son propre intérêt, imprégnée de l’inconscience de sa sale politique exercée en Haïti continue sa quête pour l’effondrement.

A quand la fin de cette crise  ?

Tout ne tourne pas rond. Rester en Haïti est un véritable sacrifice. Personne n’est à l’abri du danger. Depuis plus de deux mois, la vie est en suspens. Tout le monde se plaint. Lâchée toute seule par ses soi-disant amis de l’international, Haïti sombre dans l’abîme.

Les rouages sont grippés en raison de la crise sécuritaire qui entrave sévèrement le bon fonctionnement des institutions publiques et privées, à tel point que même les bureaux de l’État, des services médicaux, des espaces de travail, des marchés publics, entre autres, tout fonctionne au ralenti.

La cherté de la vie s’aggrave, avec une inflation de près de 23% en février 2024 selon l’IHSI, laissant la moitié de la population incapable de subvenir à ses besoins. « Nous ne vivons plus, nous survivons. On attend juste notre tour. La vie ici est comme une roulette russe », déclare une ancienne victime de kidnapping en 2023.

Ce pays mal dirigé depuis longtemps est la cause de ces malheurs. Pourtant, un minimum pourrait être offert.

  « Les moyens me font défaut, je n’ai vraiment aucun espoir, j’ai nulle part où aller, je crois que ma balle n’est pas loin, j’attends ma mort », conclut le jeune en descendant au cours de la route au niveau de Delmas 60 avec une voix en sanglot. Et ce jeune pourchassé de chez lui à Carrefour-feuilles depuis un an, comme explique-t-il ,est la définition claire de la situation chaotique du quotidien haïtien .

Quand ces maux prendront-ils fin ? Quel avenir nous attend ? Comment résister ?

Si rien n’est fait, cette nation pourrait bien voir sa prochaine génération s’éteindre.